Les dangers d'un printemps trop pressant
Publié le 29 Janvier 2016
Un nouveau jour s'est levé. Et il a été synonyme pour moi d'une nouvelle étape franchie : mes pieds ont foulé un sol sans neige (mais extrêmement glissant) pour la première fois aujourd'hui. Et sans vraiment comprendre pourquoi, cela a créé en moi un sentiment d'excitation imprévu.
Une fois dans le centre de Moscou, je rejoins Mila qui arbore fièrement sa toute nouvelle coiffure. Ses cheveux d'un blond prononcé détonnent à merveille avec la grisaille ambiante. Nous voici donc parties pour une petite balade sur la Tverskaya oulitsa, axe majeur de la capitale moscovite. Nous prenons finalement refuge dans un café sur la Place Rouge où se tient un étrange spectacle. En face de nous, un homme et une femme d'une trentaine d'années discutent... par smartphones interposés. Ni l'un ni l'autre ne semblant parler anglais (la langue d'échange par excellence), ils se retrouvent contraints de faire appel à l'ami Google Traduction. C'est ainsi que commence un joyeux ballet ridicule : l'homme tape sur son téléphone, affiche un air satisfait et montre le message à sa conquête-à-devenir qui attrape à son tour son iPhone pour répondre. "Tout ça pour ça", me lance Mila d'un air dépité. "On sait très bien comment ça va finir...". Et elle n'a pas tord.
Une fois les jeunes tourtereaux partis, nous ne tardons pas à nous aussi prendre notre envol. Je chope au passage une édition de Kommersant, un journal russe de référence disponible gratuitement. Si je m'extasie pour le moment sur l'accessibilité du quotidien économique, je ferai sans doute moins la maligne lorsqu'arrivera le moment de le lire...
Direction Taganskaya. Si nous arrivons saines et sauves à destination, le chemin n'aura pas été de tout repos. Le printemps est une saison quasi inexistante en Russie, mais toutefois dangereuse. En effet, tandis que nous marchions tranquillement sur le trottoir, un énorme bloc de glace tombé d'un toit s'écrase à quelques mètres derrière nous. Je croise le regard pétrifié de Mila avant de me retourner pour regarder les dégâts. Quelques secondes plus tôt, et nous aurions finies à terre.
Mila m'explique que Taganskaya était originellement le centre de Moscou. Traversé par 8 grands axes routiers, ce gigantesque carrefour est ainsi l'un des plus longs à traverser pour les piétons (testé et confirmé par moi-même, mesdames et messieurs). "Il y a presque quelque chose de sacré autour de ce lieu", ajoute-t-elle soudain. Mais je dois avouer qu'en regardant tous ces gros bâtiments autour de moi et ces centaines de voitures qui circulent, j'ai du mal à voir le côté magique de la chose...



