Ôde à la gastronomie française
Publié le 28 Janvier 2016
Ça y est, c'est officiel. Après seulement une semaine et demi passée en territoire hostile, je suis en manque de bonne nourriture française. Je rêve de croissants, de tartes salées, de tartes sucrées, de poêlées de légumes, de mogettes cuites dans le feu de cheminée et accompagnées d'une bonne tranche de jambon, de bons poissons cuits à souhait, de pain, de fromages coulants et puants et (surtout) de bons vins ! Ma seule expérience de vin ici s'est avérée dramatique (et difficile)...
Tandis que je passais une agréable soirée en compagnie de mon amie Mila, nous avons décidé d'ouvrir cette bouteille de vin rouge choisie grâce aux précieux conseils de son fiancé. À plus de 750 roubles (un peu plus de 9 euros) la bouteille, on pouvait s'attendre à quelque chose de correct. Grossière erreur. Une fois le "vin" servi, je renifle mon verre. Non pas que je m'y connaisse vraiment, mais je suis plutôt méfiante. Verdict : ça sent la liqueur bon marché. Quant au goût, il est tout simplement comme l'odeur : dur à supporter. Je fais toutefois honneur à mon verre, mais refuse littéralement d'en boire une goutte de plus.
En ce qui concerne la nourriture, je n'ai pas à me plaindre. C'est bon et en quantité suffisante pour nourrir tout un régiment. Pourtant, je ne suis pas pleinement satisfaite. La raison ? Mes papilles tournent en rond. Bientôt deux semaines que je mange presque toujours la même chose. Alors à l'annonce du menu, j'ai pris l'habitude de sourire niaisement, refusant seulement quand vraiment je n'en peux plus. Maintenant je réalise (et subis par la même occasion) la portée des sanctions européennes contre la Russie.
Alors pour le plaisir des yeux (mais plus vraiment des papilles), voici un petit tour d'horizon des plats à répétition :
1. Le fameux bortsch
Le bortsch (à base de betterave et souvent servi avec une louche de crème fraîche) a quand même une alternative. Son amie la souptchik ("la petite soupe") est elle généralement composée de pommes de terre, de carottes et d'oignons.
2. Les kotleti
Si ces boulettes de viande semblent au premier abord très appétissantes (et elles le sont), elles sont trop récurantes désormais pour être appréciées à leur juste valeur. La rareté fait la force, lorsqu'il s'agit des kotleti !
3. Les blintchiki s miassom
Ces crêpes fourrées à la viande vous raviront les papilles une fois, peut-être deux, mais sans doute pas dix.
4. Les salati
La seule vraie raison qui me pousse à ne pas encore saturer cette salade (toujours la même : chou, tomates, petits concombres russes), c'est le manque vital de légumes que je ressens.
5. Les pielmini
Ces petites ravioles sont toujours fourrées à la viande (la viande est un aliment essentiel en Russie, bien avant les légumes d'ailleurs), et elles aussi, servies avec une rasade de crème fraîche (deuxième aliment le plus important).
6. Le plov
Du riz, des carottes, de la viande hachée, une sauce, du riz, des carottes, de la viande hachée, une sauce, du riz, des carottes, de la viande hachée, une sauce...
7. Le tvorok
Dans le registre sucré, je vous présente le tvorok. Cousin du fromage blanc français, celui-ci est beaucoup plus compact. Il se sert habituellement avec de la crème fraîche (l'ami smetana !) et un peu de miel. Très agréable au petit déjeuner, il présente toutefois l'inconvénient d'être exclusivement à base de lait de vache que, comme de plus en plus de personnes sur Terre, je ne tolère qu'à très petite dose.
8. Les sirniki
Je pense que ces petites crêpes sucrées à base de tvorok auront toujours raison de moi. Je n'y résiste tout simplement pas (c'est l'exception qui confirme la règle de mon overdose du reste).
9. Les konfeti
Disséminés un peu partout dans la maison, ces petits bonbons-chocolats font souvent office de dessert et accompagnent à merveille le thé ou le café à la fin du repas. Seul problème : ils vous lorgnent du regard jusqu'à que vous craquiez et ce, à tout moment de la journée.








