Papier d'ambiance
Publié le 6 Octobre 2015
Tandis que la pluie tombe à torrents et que la température diminue ostensiblement au sein de l'aéroport, les êtres humains sont tous tournés vers leurs nouvelles technologies. À droite, à gauche, au loin et devant moi, hommes comme femmes sont au téléphone ou les yeux rivés sur leurs écrans lumineux et sur je ne sais quelle application. Toute autre activité semble avoir été reléguée au second plan, voire définie comme ultime recours contre l'ennui.
En remontant l'allée principale qui borde les portes d'embarquement, il est possible de distinguer un morceau de piano offert à tous par un inconnu, tandis qu'un léger brouhaha commence à se faire entendre. Les passagers, aux visages divers et aux yeux hagards, se multiplient et donnent doucement vie à ce lieu pourtant si vide et calme il y a encore une heure.
Les plus inquiets s'assurent auprès de la jeune femme postée derrière son comptoir que c'est la bonne porte. Les autres sont généralement confortablement installés, voire littéralement vautrés, dans ces fauteuils de couleurs où il est impossible de s'allonger. Et quand leurs yeux ne sont pas obnubilés par vous savez quoi, ils portent comme moi un regard inquisiteur sur le ballet que forme le mouvement perpétuel des passagers.