Souriez, vous êtes Ruquier !
Publié le 9 Octobre 2014
Paris tient à sa réputation, Paris ne veut pas me décevoir. Alors Paris m’a offert la possibilité d’assister à l’enregistrement de l’émission « On n’est pas couché » au Studio Gabriel.
Rattachée à un groupe de journalistes en herbe (mes pairs), je me faufile jusque dans le hall. Tout brille, se reflète dans les miroirs. La foule s’étend sur une ligne infinie et je scrute le lieu pour patienter. Je me rappelle qu’un sandwich et une bouteille d’eau nous sont offerts pour notre participation, car c’est bien clair « qu’il n’y aura aucune rémunération ». Je m’attendais donc à autre chose qu’un pauvre sandwich triangle au poulet de chez Leader Price, dévoré sur le pouce avant d’être appelée sur le plateau.
Parce que Paris voulait me faire plaisir, nous avons été installés au premier rang. Face caméra. Sympa, merci les gars. Qui dit premier rang, dit : se tenir droit, ne pas bailler, ne pas éternuer (difficile avec la clim), regarder au bon endroit au bon moment, faire bonne figure, sourire, jouer le rôle du parfait public. Un travail de longue haleine quand on sait que le tournage dure plus de quatre heures…
L'équipe de choc.
Le chauffeur de salle, conscient de ces (terribles) conditions, nous prépare et nous fait rire (ou du moins tente). Soudain Laurent Ruquier entre sur scène. Niveau applaudissements, nous sommes prêts. Le rejoignent les animateurs Léa Salamé et Aymeric Caron que je semble être la seule à ne pas connaître.
Et puis c’est parti. Les cinq invités entrent à leur tour : Elsa Zylberstein, Franz-Olivier Giesbert (FOG), Clara Dupont-Monod et deux acteurs de théâtre. Sans oublier le bon vieux Hervé Mariton qui aurait mieux fait de rester chez lui, finalement.
Je découvre que Ruquier est un dur à cuire sur le plateau, que FOG est végétarien « à géométrie variable », que la miss Elsa a été un certain temps avec Arnaud Montebourg, que faire partie d’un public c’est plus dur que ça en a l’air. J’apprends à guetter la caméra pour bailler au bon moment, à jouer le rôle d’un mouton de Pavlov pour convenir aux exigences de la production, à rêvasser tout en regardant (ou faisant croire que je regarde) attentivement.
(Vous pouvez d'ailleurs m'admirer, en gros plan, sur ce lien : http://pluzz.francetv.fr/videos/on_nest_pas_couche.html ).
À minuit trente, nous sommes libres. Mais une course poursuite contre le dernier métro s'annonce et débute...maintenant. Une fois assise, soulagée, j'attends que le nom de mon arrêt se fasse entendre. Je descends et remonte tout le couloir. Au bout, une femme m'attend. Elle me sourit, et je décèle dans son expression un soulagement : elle va pouvoir rentrer chez elle.
Je serai donc ce soir la dernière à quitter la bouche de métro. Tandis que je gravis les dernières marches qui me ramènent à la surface, la grille se ferme. Il est tard, ou il est tôt, je ne sais plus trop. Quoiqu'il en soit, Laurent n'aura pas menti : je ne suis pas couchée !
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