Chez le Père Lachaise
Publié le 25 Septembre 2014
Quoi de mieux en ce jeudi ensoleillé qu'une balade dans un cimetière ? L'envie macabre, qui s'est emparé de mon corps, a guidé mes pas jusqu'à l'entrée du Père Lachaise. Impossible de faire demi-tour.
J'ai maintenant un plan dans les mains, l'appareil photo autour du coup, et je suis obligée de rester ; par respect pour les morts. Et aussi par pure curiosité.
Après avoir compris que je ne trouverai sans doute pas les tombes que j'espérais voir (allez vous repérer dans un tel bazar), je décide d'abandonner la carte et de me laisser guider par la beauté des allées.
À croire que cela porte ses fruits, je tombe sur Chopin et Desproges. Ce cimetière rassemble décidément des artistes en tous genres ! Malheureusement, impossible de trouver Balzac. J'ai beau avoir tourné pendant un bon quart d'heure autour du rond-point, dans la division 48, où il est censé se trouver (et croyez moi, un quart d'heure entourée de morts, c'est long), j'ai été incapable de mettre la main sur ce foutu écrivain.
Dans la minute qui suit, je suis accostée par deux bonnes femmes dont une qui m'interpelle par un "Pardon" agrémenté d'un fort accent slave. Elle ajoute : "Balzac" (comprendre "Pouvez-vous me dire, s'il-vous-plaît, où se trouve la tombe de notre bien aimé Honoré de Balzac ?").
Comprenant qu'elles sont étrangères, je commence, par habitude, une phrase en anglais. Puis, portée par un élan patriotique pour la Russie de Poutine, je leur donne le peu d'indications que je possède en russe. La deuxième femme, qui s'était jusqu'à maintenant tu, me remercie d'un "Спасибо" bien mérité. Une chose cependant : aucune d'elle n'a semblé surprise de m'entendre parler dans leur langue maternelle.
Encore sous le choc de cette rencontre inespérée, je prends place sur un banc qui surplombe la partie nord du cimetière. Comme dans n'importe quel autre lieu public, je m'offre un petit goûter et commence ma lecture.
Deux pages plus tard, un homme s'installe à mes côtés. Le calme qui m'entourait est alors rompu. Et le voilà parti dans un récit de sa vie pendant vingt longues minutes (le temps passe encore moins vite que parmi les tombes). Il me raconte ses voyages, son tête-à-tête avec Jospin (oui, le bon vieux Lionel) sur la tombe d'Oscar Wilde et sa balade matinale au parc de Belleville.
Merci, mais comment vous dire...
Alors, s'il y a bien un cimetière à visiter, c'est celui-ci. Car : "L'Époux légitime de la Maire Patrie, c'est toujours le Père Lachaise" (Claude Frisoni).

