La nature fait bien les choses
Publié le 1 Août 2014
Journée de repos, journée d’excursion. Au revoir les leçons de français, les discussions en russe, le tourbillon et l’agitation de la vie de d’une dizaine de personnes au sein de la maison. Bonjour le silence et la nature !
Levée à 7h30 et les yeux encore gorgés de sommeil, nous prenons la route pour l’arrêt de bus (bus qui arrivera avec près d’une demi heure de retard). Malheureusement, pas de répit pour mes oreilles. Qui dit car touristique, dit guide touristique, micro et blablabla. Certes, c’est intéressant. Mais c’est en russe et je tombe de fatigue. D’ailleurs, je n’entends déjà plus rien…
Je quitte le temps d’une journée la Dalmatie, plus bel endroit au monde selon (et seulement selon) ses habitants, pour le cœur-même de la Croatie : Plitvička Jezera (les lacs de Plitvice).
3h30 de car pour y voir … rien. Lorsque j’ouvre les yeux, je ne vois littéralement rien. Le brouillard et la pluie empêchent de voir à plus de cinq mètres. Quand je pense au prix de la visite, ça me fait mal au cœur.
Juste le temps d’enfiler un pantalon, une veste, d’ouvrir notre magnifique parapluie rose et nous voilà en route. Le soleil pointe, lui, le bout de son nez.
À la première cascade, je participe au flot de « Oh », « Ah ». À la troisième je ne dis plus rien et laisse mes yeux profiter du spectacle. À défaut de me retrouver au fin fond de la Sibérie comme Sylvain Tesson, j’apprécie cet espace où la nature a encore ses droits.
Cette effusion de verdure, de lacs et de cascade en viendrait presque à me faire oublier les bienfaits de notre civilisation. Mais je suis cruellement rappelée à la réalité lorsque j’aperçois les enfants de notre groupe écraser des fourmis à coups de baskets pleines de terre. Ils n’ont donc jamais lu Bernard Werber ?
On m’avait dit qu’il était possible de voir des ours. Il n’en sera rien. Mais au cas où, j’avais préparé mes arrières :
Les Russes sont formels : en cas de rencontre, ne pas s’enfuir, ne pas regarder la bête, ne pas faire de mouvements brusques, se retirer sur la pointe des pieds en murmurant des choses rassurantes. Le problème repose dans l’inspiration. Que dire à l’ours ? Je n’ai rien préparé et, reculant doucement, ne trouve que ceci : « Casse toi mon gros lapin ! ». L’injonction marche, il se retire dans en fourrageant dans les taillis.




