Zadar, la petite capitale du nord de la Dalmatie
Publié le 21 Août 2015
Lorsque le conducteur de car de Formule 1 annonce finalement Zadar, je crois à une erreur. Autour de moi s'étend une vaste zone industrielle grisâtre, que je devine encore en développement. Ici et là, des barres d'immeubles, un petit centre commercial et de grands magasins. Mais où est donc la presqu'île pleine de charme que m'ont vendu mon précieux guide et les Croates ? "À une quinzaine de minutes à pied, sur la gauche", me répond une femme ultra maquillée à un point d'information de la gare routière.
Mais si je suis pourtant les panneaux qui indiquent "Centar", je mets du temps à apercevoir la vieille ville au loin et suis soulagée de reconnaître les remparts que j'avais repérés sur des cartes postales. Zadar, me voilà.
Première étape : manger. Mon petit déjeuner remontant à plus de cinq heures et une boulangerie se trouvant sous mon nez, je ne résiste pas une seconde de plus à l'appel insistant de mon ventre. Au menu, un énorme burek s mesom (pour seulement 14 kuna, soit moins de 2 euros), que je déguste au pied d'une fontaine sans eau de la place Petra Zoranića. Voilà que je goûte enfin de nouveau à la vraie gastronomie croate.
Une fois repue et installée dans mon auberge de jeunesse en plein coeur du quartier étudiant, la découverte peut commencer. Je m'aventure donc sur la façade ouest de la ville qui donne sur la mer agitée. Au bout de cette marina, dont les pavés sont identiques à ceux des autres villes de Dalmatie, je suis intriguée par une étrange musique dont je peine à discerner la source. Après quelques minutes de veines recherches, mon esprit fait tilt : l'orgue maritime. Les dalles et escaliers de pierre blanche sont en effet percés de trous et de tuyaux, faisant du vent et de la mer deux musiciens hors pair.
Et puis j'erre dans les ruelles ombragées, dans les rues plus commerçantes, sur les places grignotées par les terrasses. Je découvre l'Empire State Building de Zadar (haut de 30 mètres) et décide d'en gravir les marches pour admirer la ville d'une autre perspective. Les 15 kuna et l'effort de mes cuisses en valent le coup.
Je reconnais à Zadar à la fois l'influence romaine, caractéristique des villes de Dalmatie comme Trogir et Split, et l'influence austro-hongroise qui est si typique de Zagreb (en Slavonie, dans le nord-est du pays). Zadar, c'est un peu un joyeux mélange dont le résultat est sublime. Une vielle ville fortifiée sur une presqu'île, dont les ruelles me font tourner la tête.
Et quand la nuit tombe, très tôt, le ciel arbore des couleurs roses, juste avant que la pluie ne s'invite à la partie. Mais pas de quoi gâcher la soirée des touristes. Les rues illuminées sont bondées et le quartier étudiant Varoš est l'endroit de tous les possibles.
Sur la place Petra Zoranića, une artiste américain pousse la chansonnette tandis que les spectateurs s'abritent tant bien que mal sous leurs parapluies. Quant à moi, je quitte rapidement la foule pour aller admirer l'Adriatique de nuit, sous la douce musique de l'orgue maritime.












