Dobro došli u Zagreb
Publié le 12 Août 2014
Il est 7 heures. J'ai bu deux cafés mais n'ai pas dormi. Le ronfleur n'a pas quitté le canapé et le Routard m'a largement tenue éveillée. J'ai l'avantage de ne dépendre de personne. Je dis au revoir au Belge avec qui je discutais et prends la route.
Le soleil vient à peine de se lever tandis que la majeure partie de la population dort, elle, encore. Mon guide dans une main, l'appareil photo dans l'autre, curieuse dans l'âme, je commence ma découverte de Zagreb. D'abord sur Ilica, la plus longue rue de la capitale où, soit dit en passant, se trouve mon auberge de jeunesse. Le Routard m'indique où regarder, mes yeux me disent où aller.
En quelques minutes, j'arrive à la Trg bana Josipa Jelačića, la place principale de Zagreb où se succèdent bâtiments de couleurs, restaurants et magasins. En son centre, une statue. Je remarque, amusée, qu'il y a à cette heure plus de pigeons que de Croates ou de touristes.
Je me délecte de la beauté de l'architecture et du changement d'environnement.
En trois heures environ, j'ai visité presque toute la ville basse : j'ai foulé les pavés des grands boulevards, scruté les rues commerçantes alors désertes, admiré la succession les places Nikole Zrimstog, Strossmayer et Tomislav.
Il suffit de seulement quelques centaines de mètres pour comprendre que la nature est partout. Si trouver un banc à l'ombre est quasi impossible à Paris, c'est ici un jeu d'enfant.
Je me dirige ensuite dans le quartier sud-ouest de Zagreb et pénètre dans le jardin botanique. Ça sent bon l'herbe fraichement coupée et le silence règne.
Un tel calme à Zagreb est une chose rare, la foule de l'après-midi et du soir en étant la preuve parfaite.
Jardin botanique de Zagreb
Alors que mes yeux arpentent les rues et les cours cachées (très nombreuses), j'en repère une qui me plait de suite. Pas un chat, musique douce, terrasse cosy. C'est fait pour moi. Je commande un smoothie qui s'avère être délicieux et en profite pour reposer mes jambes.
Le charme opère. Déjà.
Mais voilà que je veux faire ma maligne. Je vais dans un semblant de boulangerie appelé "Mlina". Je dis bonjour en croate, je commande en croate. Je suis heureuse de ma supercherie et savoure ma victoire lorsque la vendeuse me dit : "Thank you. Bye !"assorti d'un sourire malicieux.
À vouloir berner les locaux sur ma nationalité avec mon "dobar dan" digne d'une Croate pure souche, je me suis fait avoir à mon propre jeu.
Morale de l'histoire : un berneur finit toujours par être berné.

