Fish Pique-Nique croate
Publié le 17 Juillet 2014
Une journée de repos en Croatie, c’est quoi ? C’est une absence de préparation d’exercices et de cours au profit de celle du sac de plage. C’est partir à 9h30 et attendre 20 minutes sous un soleil de plomb le bateau qui va nous emmener loin. C’est partir à l’« aventure » avec une amie Ukrainienne et faire du russe l’unique langue de conversation.
Il est donc 10h10. Nous venons d’embarquer sur le bateau en question. À l’avant, tels les protagonistes du Titanic, je me sens vivante. Les paysages paradisiaques se multiplient sous mes yeux ébahis. Tout le charme de la Dalmatie se dévoile à travers ce petit archipel. Charme rompu par le rire gras de l’homme au ventre très proéminant juste à côté et par l’alcool qui coule à flots dans les gobelets des passagers.
Notre première escale est l’île de Maslenica (prononcer maslénitsa). Îlot de charme où nous prenons le temps de nous baigner et de lézarder au soleil. Nous échangeons un regard complice : nous sommes bien (comme Céline Dion).
La seconde île que l’on voit au loin est celle de Krknjaš (alors ça se prononce comment ? Allez, je vous aide : keurkniach). Mais soudain je réalise quelque chose qui pourrait s’avérer problématique : derrière, le soleil brille dans un ciel sans nuage ; en face, tout est sombre et je suis prête à parier qu’il pleut. Un éclair. C’est donc pire que ce que je pensais.
Une fois sur l’île et à peine installées à table devant notre poisson, le tonnerre gronde et une pluie torrentielle se met à tomber. Avec un nom pareil, cet endroit ne pouvait pas nous porter chance. Le soleil ne reviendra jamais vraiment mais nous oserons nous baigner dans cette eau délicieusement fraîche.
Quant au retour, il devient sérieusement chaotique. Les bouteilles de vin rouge se vident et viennent remplir les gobelets, encore et toujours, sur une musique électronique disgracieuse. Les visages ont maintenant la même couleur que le breuvage et les rires se font plus forts. Cet homme immense (non pas en taille mais en poids) se rapproche de plus en plus de Liouda et je sens un profond malaise grandir en moi. Sortir. Il me faut sortir de là.
Soulagées, nous quittons enfin le navire de l’ébriété. Une bonne nouvelle cependant. Comme l’a si bien dit un jour ma chère élève de français, « Je suis de plus en plus chocolat ! ».
