E.T. en Croatie
Publié le 6 Juillet 2014
E.T. c’est un peu le personnage que j’ai eu l’impression d’incarner le jour de mon arrivée en Croatie. Après avoir dormi seulement 3 heures (deux sur un banc de l’aéroport Roissy-CDG et une dans l’avion) et n’avoir ni parlé ni entendu du russe pendant plus d’un mois, je pense que je n’étais pas dans les meilleures conditions.
Toujours est-il que j’arrive saine et sauve à l’aéroport de Split. Je récupère ma valise et retrouve Elena (la maman) dans le hall. La chaleur est déjà étouffante alors qu’il n’est que 9:30. En voiture Maurice ! Euh, Boris ! (il faut savoir s’adapter).
Un détour par le poste de tourisme obligatoire plus tard, nous arrivons à destination. Pas à Trogir, comme j’avais pensé, mais dans un petit village nommé Vrajnica (prononcer vraïnitsa). La voiture s’arrête. « Là-bas, c’est notre maison. Là, c’est la tienne ». Cette phrase donne le ton. Mais reste bien assis, lecteur, le meilleur est à venir.
Le premier étage de la maison des employés m’est réservé. Près de 60m2 pour ma seule personne et un frigo rempli. Au moment de me laisser m’installer elle me sourit et me donne 600 kuna (la monnaie croate, un peu moins de 100$). Puis elle me tend quelque chose que je n’aurais jamais pensé voir de ma vie. Un bout de papier immense, violet, sur lequel on peut lire très distinctement « 500 ». « Pour ramener des souvenirs ! ». Avec ça, j’ai de quoi me payer une autre valise et la remplir de cadeaux. Боже, comme diraient les Russes, mon séjour s’annonce legend … (wait for it) … dary.
Une fois douchée, je descends pour le petit-déjeuner. Il est 10h30. La table est recouverte de plats, tous aussi alléchants les uns que les autres, et entourée d’une dizaine de personnes. Je m’assoie et manger est un prétexte pour ne pas parler. Je retrouve cependant Diana (la fille) avec qui j’ai déjà longuement parlé sur Skype. Le jardin est grand, beau, décoré avec goût et donne directement sur la plage de galets. D’ailleurs nous y allons.
L’eau est délicieusement fraîche (on est loin des 17,6°C de l’eau bretonne) et parfaitement transparente. Alors que je commence à m’y aventurer, Diana me lance des chaussures. Pas bête. Nos amis les oursins sont très présents en bord de mer.
À 12h30, heureuse de ma première baignade et déjà un peu colorée, je me remets à table pour un copieux goûter. Et à 14h30 ? C’est le dîner ! Ici, c’est 5 repas par jour environ. Et il est même traitre de s’asseoir à table pour prendre un thé : il est toujours accompagné de печение (gâteaux) et de конфеты (bonbons).
On me dit ensuite : « Tu es libre jusqu’à 20h, l’heure du souper ». Libre ? D’accord. Tel E.T., je suis perdue. Loin de ma maison, sans téléphone. Comprendre les discussions est un véritable calvaire et je commence à me poser de sérieuses questions sur la suite de cette expérience. Enfin pas très longtemps. Le sommeil m’appelle.
À 20h, nous partons chez des amies. Résultats : nouvelles rencontres, nouvelles discussions en russe et nouveaux plats. Je les observe et ce monde que je découvre à peine m’étonne, me fascine et me gêne en même temps. Alors c’est donc ça, être professeure de français dans une famille russe : avoir la belle vie en Croatie.