Ekaterinbourg, surprenante ville où le dernier des Tsars nous quitta
Publié le 16 Juillet 2017
À peine ouverts, mes yeux distinguent déjà des figures qui me guettent. Et voilà que ça recommence ! Même chose lorsque Louis descend de ses quartiers. Nous n'avons pas le droit à l'erreur en mangeant nos tartines ; la moindre miette ou goutte de miel sur le point de tomber sera remarquée par quatre paires d'yeux.
Heureusement, mes souhaits sont entendus - par je ne sais qui - et nous arrivons à destination. Ekaterinbourg. Non pas que je donne beaucoup de valeur à cette ville, mais elle fait partie de ma to-do-list à rallonge, et se trouvait sur notre chemin. Alors, pourquoi pas ?
Nous voilà sur l'axe principal de la ville pour rejoindre le centre depuis la gare, ou devrais-je dire, "l'allée des fourrures". Une bonne dizaine de magasins - tous fermés - vendent en effet fourrures et peaux de bête sous toutes ses formes, dans un environnement aussi vieux que moderne. Nous sommes perplexes.
Arrivés au bord du lac Isset - particulièrement large à cet endroit de la ville - je m'attendais à une jolie berge aménagée pour les habitants - et les quelques touristes -, mais il n'en est rien. L'eau est sale, faisant de ce qui pourrait être une sympathique plage, un endroit peu fréquentable. En fond, des buildings à perte de vue. Aucune humanité. Et pas beaucoup d'humains non plus d'ailleurs.
Plus nous nous enfonçons dans les petites ruelles, dans les axes majeurs, dans les parcs de cette étrange ville de l'Oural, plus mon avis sur son cas est mitigé. Chaque fois qu'un endroit aurait pu être agréable, un élément vient le gâcher. Travaux, déchets, pollution, non-entretien des espaces publics... Mais il bien est facile de juger depuis mon point de vue de petite Européenne qui vit dans le centre de Moscou et qui s'en sort financièrement. Je me doute bien que d'un, les fonds manquent cruellement, de deux, que le niveau de vie est loin d'être le même que dans la capitale fédérale, et de trois, que les touristes n'affluent pas assez en masse pour que cela crée des revenus conséquents.
Nous trouverons toutefois notre bonheur auprès de la grande fontaine et sur une pelouse fraîche au soleil. Coup d'oeil à la montre. Il nous reste encore 5 heures à tuer. Nous avons déjà déjeuné, trouvé des vestes vintage de toute beauté pour la suite de notre séjour, et vu plus de la moitié des "curiosités" d'Ekaterinbourg.
Ah tiens. Dans la liste des choses à faire ici, j'avais noté "monter en haut de la plus haute tour". Je me retourne, et en effet, elle domine. Allez, c'est parti. J'espère que cette fois, il y aura un ascenseur.
Eh bah voilà. Il semblerait que la ville ait un certain charme lorsqu'on prend de la hauteur. Le vent souffle fort, balaie les cheveux et soulève les jupes.
Une fois descendus, une pause s'impose. Nous trouvons par pur hasard une adorable terrasse au soleil dans les environs, et savourons...jusqu'à ce qu'une tempête se déclenche, renverse les breuvages sur le sac de Louis et nous force à nous abriter. Bon. Ça, s'est fait.
Coup d'oeil à la montre. Il ne nous reste cette fois plus que deux heures. Juste ce qu'il faut pour investir dans une petite enceinte portable et rejoindre la gare. Mais c'était sans compter sur ce qui nous attendait à quelques centaines de mètres de là. Près de la fameuse Église-de-tous-les-Saints - lieu où furent exécutés Nicolas II, le dernier tsar de Russie, et sa famille au cours de la guerre civile en 1917 - un étrange attroupement s'est formé. Militaires, religieux et pèlerins sont agglutinés ici et là, par dizaines. Étrange spectacle que celui qui se trouve sous nos yeux.
Intriguée par cet événement dont je peine à comprendre le sens, je finis par demander à un passant. "C'est le centenaire de l'exécution de Nicolas II", me répond-il. Mais oui, mais c'est bien sûr !
Épuisés par ces dix heures de découverte / promenade / sacs à dos sur le dos - sans compter le gros sac de provisions pour le voyage de demain qui me tire sur l'épaule droite -, nous ne sommes pas mécontent de monter dans le train qui nous emmène à Novossibirsk, prochaine étape et dernière grande ville avant l'Altaï.
Il est déjà tard lorsque nous prenons place. Nous avons à peine le temps de finir de nous installer que les lumières s'éteignent pour laisser place à une faible veilleuse. Louis ne tarde pas à monter sur sa couchette, et je savoure ce moment de calme - surprenant pour un train de troisième classe - en regardant le paysage - ou du moins de que j'en distingue - à travers la nuit.







