Auprès de Sotchi, qu’il fait bon fait bon fait bon
Publié le 18 Mai 2017
Mes yeux s’ouvrent. Mon premier réflexe (comme depuis plusieurs semaines) : regarder la météo. Et je ne suis pas déçue. Une vingtaine de degrés en prévision et un ciel bleu azur. Ça change de la neige à Moscou (et oui, même début mai).
La première étape de la longue journée qui nous attend se trouve à quelques pas de là seulement. Lorsque nous poussons la porte de ce café « à la française », je suis tout de suite frappée par quelque chose de totalement inhabituel. Ça parle français à la radio. Et ça chante français aussi. Oh. Mon. Dieu. Y’a Chérie FM sur les ondes, les gars.
Pour parfaire l’ambiance et ravir nos papilles, on commande croissants, pain au chocolat et autres délicieux feuilletés bien beurrés. Quand soudain, Daniel Balavoine entonne « tous les cris, les SOS partent dans les airs… » – et tandis que je mâchonne un bout de croissant – je suis prise d’une vague d’émotions et les larmes me montent aux yeux. Totalement ridicule. Mais totalement incontrôlable.
Une fois mes larmes séchées et mon gosier rempli, je suis prête à partir. À l’arrêt de bus Teatralnaya, nous rejoignons des amis de Juliette, également à Sotchi pour ce long week-end de mai. Douze jeunes d’un peu partout dans le monde, quelle belle compagnie nous faisons là.
Après une demi-heure d’attente pour le bus n°12, puis 20 minutes de transport sous les yeux ébahis des autres passagers, nous sortons au beau milieu de nulle part pour entamer ce qui restera ma plus grande randonnée à Sotchi.
Le soleil se lève. Les groupes se forment. J’abandonne Juliette pour joindre les meneurs de la marche. L’air est pur, les paysages absolument magnifiques et verdoyants. J’avais presque oublié à quoi pouvait ressembler un tel concentré de nature.
Au bout de plusieurs heures – et de nombreuses côtes et descentes successives – nous parvenons à un lieu idyllique. Eau turquoise, rochers, plage, banya, restaurant, musique. On n’aurait pu rêver mieux. C’est d’ailleurs pourquoi nous y passerons un long moment à nous prélasser, siroter une bière, déguster un khatchapuri, nous dorer la pilule, pour certains, aller suer au sauna et se faire fouetter avec des branches de bouleau, comme le veut la tradition russe. Chacun fait ce qu’il veut sa peau, comme qui dirait.
Lorsque nous finissons – malheureusement – par quitter ce petit coin de paradis – dont Sotchi semble regorger – une a le pied enflé car ayant marché sur une abeille, un autre a perdu ses chaussettes dans le – faible – courant de la rivière, et tous avons pris de bonnes couleurs.
Le chemin du retour se fera tranquillement. Car à la clef, nous savons qu’un verre en terrasse avec le coucher du soleil en fond nous attend. Ça vous motive une troupe en moins de deux.
Quand on arrive, nous sommes accueillis par la plage, un banc de méduses presque échouées, un très beau coucher de soleil, une confortable banquette et un gros coup de fatigue. Nous convenons toutefois de nous retrouver à l’heure où Cendrillon se transforme en souillon pour aller danser jusqu’au bout de la nuit sur la terrasse ouverte et donnant sur la mer Noire de la Casa Agave de Sotchi.
Une soirée épique. Un retour à la maison difficile. Un plaisir de retrouver son lit sans égal.


















