Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]

Publié le 11 Juin 2016

Je me réveille tranquillement vers 5 heures et traîne jusqu'à la demi. Faut pas déconner, ce sont quand même des vacances. Je me décide ensuite à réveiller Damien dont le visage est intégralement recouvert par son manteau, ce qui n'est pas sans provoquer chez moi un fou rire.

On se lève, on range matelas, draps, affaires, on grignote quelques gâteaux en regardant le paysage défiler. Je retrouve toutes les caractéristiques de la campagne russe qui m'avaient tant manqué. Je suis de retour à la maison.

Contrairement aux trains français, leurs homologues russes sont ponctuels. Il est 6 heures, l'air est humide et frais. Nous voici donc à Veliki Novgorod. Malgré l'heure plus que matinale, le temps plus qu'incertain et après un crochet par l'auberge de jeunesse qui nous accueillera plus tard, nous commençons la découverte de Novgorod la Grande.

Pas un chat aux alentours. Tout est fermé ou vide. C'est mort. Tandis que nous arrivons devant le grand et beau Kremlin, je sens un frisson me parcourir l'échine. Pas terribles les températures pour un mois de juin.

Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]
Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]

Et puis soudain, la pluie se fait plus drue. Manquait plus que ça. Animés par je ne sais quelle force surhumaine, nous poursuivons notre promenade qui perd toutefois un peu de son charme.

Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]
Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]
Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]
Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]
Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]

En quittant le Kremlin (de façon prématurée), nous nous retrouvons face à un pont piéton qui traverse le fleuve. Sur la droite, pas un chat sur Veliki Novgorod plage. Comme c'est étonnant... Les seuls téméraires qui luttent contre la pluie et le vent froid sont les quelques badauds qui préparent les festivités du jour et du lendemain (fête nationale oblige). Et nous bien sûr.

On se perd dans les ruelles en pensant trouver le centre-ville. Grossière erreur. Plus on s'enfonce dans cette partie de la ville, plus les bâtiments sont ceux de quartiers résidentiels. Quelque peu résignés par le manque flagrant de commodités, nous rebroussons chemin à la recherche du Graal : un café où poser nos corps fatigués et trempés. Mais pas de répit pour les braves.

Il est 7h30 et rien n'ouvre avant 9 ou 10 heures. La pluie nous apporte, elle, un soutien indéfectible mais bizarrement peu apprécié. Appareil photo rangé bien à l'abris, nous accélérons le pas jusqu'à notre unique solution de repli. Le McDonalds de la gare. Je crois d'ailleurs n'avoir jamais été si heureuse de retrouver le fast-food à l'effigie de Ronald. On se commande donc un petit-déjeuner on ne peut moins russe et je l'avale goulument avant même que Damien n'ait le temps de s'asseoir à mes côtés.

Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]

Une heure et demi et une leçon de russe plus tard, nous pointons notre nez dehors et le temps y est bien plus clément. Le soleil vient même dessiner nos ombres sur le goudron abîmé du parking de la gare.

Pour cette deuxième étape de notre visite, nous décidons de retourner au Kremlin pour y terminer ce que nous avions commencé. Les allées vides et ternes ont laissé place à une (petite) foule de touristes qui, tout comme nous, multiplient les photos de cette sublime forteresse aux briques rouges du XIIe siècle. Et puis nous apercevons celle qui fait la renommée de Novgorod la Grande : la cathédrale Sainte-Sophie, ses dômes dorés et argentés et ses magnifiques fresques. Je me plais à me perdre dans les allées où résonnent ces doux chants mélodieux qui bercent mes oreilles attentives.

Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]
Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]
Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]
Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]
Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]
Il pleut, il mouille, on est en vadrouille [1]

Bien que le ciel soit encore chargé de nuages, l'ambiance est déjà plus joviale et les gens éveillés. Les plus courageux ont pris place sur le sable de la petit plage improvisée, les plus patriotiques sont au premier rang des activités organisées à l'occasion du 12 juin, les plus sportifs sont occupés à se disputer un match de kayak-football que nous prenons un malin plaisir à observer.

Mais tout cela était bien trop beau pour durer. La pluie reprend rapidement ses droits tandis que les visiteurs battent tous au fur et à mesure en retraite (nous les premiers). Fini les conneries. La fatigue a trop duré. L'heure de la sieste a sonné. Une fois nos quartiers pris à l'auberge de jeunesse, nous ne tardons pas à retrouver nos lits respectifs pour un petit somme bien mérité. Il me faudra toutefois d'abord (à nouveau) escalader cette échelle mobile et peu stable accroché au lit superposé vacillant. Je réalise alors combien les couchettes du train sont, elles, stables et confortables, mais voilà que déjà je m'endors...

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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