Weekend-end sur l'Anneau d'Or et connerie du siècle
Publié le 1 Mai 2016
À 6h00 du matin, premier réveil avec le roucoulement des pigeons. Trop tôt pour moi. Je me rendors 40 minutes avant que mon horloge interne ne fasse des siennes. Il fait déjà bien jour, tout le monde est debout. J'enfile une tenue confortable (c'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup), chope mon sac à dos, ferme la porte et réalise que c'est parti pour un nouveau périple. Écouteurs vissés dans les oreilles, je suis ultra motivée malgré l'heure matinale.
Mais soudain, je sens que quelque chose ne va pas. En bas. Au niveau de mes pieds qui me font (et ce n'est que le début) très mal. Une pensée tourne en boucle dans ma tête : "Quelle c***e ! Mais quelle c***e !". Qui aurait la stupide idée de mettre des chaussures neuves (et plus est, blanches) le jour de partir en périple ? Car qui dit périple, entend nombreuses heures de marche et crapahutages un peu partout. Bah moi, apparemment.
Me voici dont à la gare routière de Moscou. Les pieds couverts de quelques pansements et les talons hors des chaussures, je retrouve Romain, juriste sur le devenir, et compagnon de voyage pour ce week-end sur l'Anneau d'Or. Après une légère dose de stress, nous trouvons le quai, notre car, nos places. C'est parti pour 3h30 de route jusqu'à notre première escale : Vladimir. Au fil des heures, les grands immeubles moscovites laissent doucement place à la campagne russe par excellence.
Et puis soudain, le car arrive. Quelques petits réglages toutefois avant la grande aventure. Appareil photo autour du cou : check. Lunettes de soleil sur le nez : check. Foulard à portée de main pour les nombreux monastères et églises à venir : check. Position relativement confortable dans les chaussures : (presque) check. C'est parti.
La ville de Vladimir est en partie construite sur une colline. C'est d'ailleurs sur son flan que la ville est la plus belle. Nous débutons notre visite par un petit monastère. Rien de bien transcendant. C'est joli mais commun. On passe à autre chose.
Si le jour joue à cache-cache avec les nuages, la température est, elle, assez stable et divinement agréable pour un premier jour de mai en Russie. Notre balade se poursuit en flanc de colline et nous mène aux deux édifices religieux qui font la gloire de Vladimir. L'église Saint-Dimitri d'abord, se différencie par son extraordinaire simplicité et les sculptures présentes sur ses quatre murs. Contrairement à sa voisine, la cathédrale de l'Assomption en impose beaucoup avec sa tour et ses multiples dômes dorés que le soleil fait scintiller. C'est beau, c'est blanc, c'est impressionnant.
Tout autour s'étend un jardin, ma foi plutôt sympathique. Les arbres et l'herbe y sont bien verts, les allées légèrement fleuries. Seule ombre au tableau, et bien l'ombre justement causée par ces foutus nuages.
Un peu plus loin, nouveau flanc de colline, nouveau point de vue. Et hop, un panorama sur les églises visitées précédemment. Le changement d'orientation et d'échelle n'est pas sans me plaire et je multiplie les clichés.
Et puis on pousse encore un peu plus loin jusqu'à une tour qui, bien qu'ayant un intérêt historique assez restreint, nous offrira une très belle vue sur la ville. Mais encore me faudra-t-il atteindre le sommet... Mes pieds me font horriblement souffrir. Ampoules à vif, chaleur, frottement, absence de pansements, ou le super combo qui fait un carnage de mes pieds et fait de moi une prisonnière de la douleur.
Et puis soudain, je craque, je dis STOP. Je me rue dans une pharmacie et mime à la vendeuse ce dont j'ai impérativement besoin. Elle ne tarde pas à comprendre, me lance un sourire compréhensif, plonge la tête dans ses étagères, en ressort le Graal et m'annonce le prix : 260 roubles pour 5 pauvres pansements en gel. Vu mon état, je ne bronche pas, dégaine le billet et sors aussi vite que je suis entrée à la recherche d'un banc. Je finis sur un muret (je n'attendrai pas une seconde de plus) pour déposer ces petites merveilles pharmaceutiques sur mes pieds endoloris. Petites merveilles qui commencent déjà à se faire la malle, 5 minutes plus tard, tandis que l'on achète de quoi déjeuner. Tant pis. Je bats en retraite et abandonne l'une d'entre elles. J'ai faim.





















