Sur la route de Kazan
Publié le 22 Avril 2016
18 heures sonnent. Les ordinateurs de Tsar Voyages sont déjà éteints et l'excitation est à son comble. Un rapide "Bon week-end !" et nous sommes dans la rue, sacs sur le dos. À 18h50, nous sommes à la gare de Kazan bien décidées à nous installer au plus vite. Aucun problème en vue. Nous sommes à l'abris de la pluie, trouvons rapidement notre voiture et notre place (près des toilettes). Affamées par toute cette émotion accumulée, nous engouffrons les quelques crêpes à la viande cuisinées par mes soins et des rondelles de concombre.
Comme on est bien dans ces vieux trains soviétiques où il fait sombre et où la chaleur ambiante doit bien avoisiner les 25 degrés... Trêve de plaisanterie, malgré les conditions de voyage rudimentaires que mon père décrit innocemment comme "la belle vie", je me plais beaucoup dans ces trains d'un autre temps qui nous mènent vers de sublimes destinations.
Nous sommes rapidement rejointes par nos compagnons de voyage qui s'avèrent être peu bavards et peu aimables. Vient ensuite le joyeux moment de l'installation des couchettes. Fini le laborieux apprentissage de la fois précédente. Nous sommes devenues de vraies expertes, des Russes en quelque sorte. En 5 minutes chrono en main, nos lits d'appoint sont prêts à accueillir nos corps fatigués par une semaine éprouvante.
Reste toutefois la délicate étape du changement de tenue sous la couette qui, dans l'espace restreint que représente mon lit, est un véritable calvaire. Mon voisin a la délicatesse de se tourner le temps de mon ridicule exercice de contorsion, et malgré son air peu sympathique, je lui en suis reconnaissante. Kathleen, de son côté, peine à garder ses affaires à son étage et parsème le sol de son livre, ses chaussettes ou encore sa brosse à dent. Sur le lit inférieur, la jeune fille qui nous souriait avant arbore maintenant un air exaspéré.
À 21 heures, c'est déjà le calme plat. Calme que nous brisons sans scrupule par quelques éclats de rire non retenus causés par quelques bêtises. Mais nous n'avons que faire de la réaction des gens autour. D'autant plus "qu'on ne les reverra jamais", comme aime le répéter mon acolyte.
Le calme revenu, nous ne tardons pas à nous endormir pour une nuit qui s'avèrera des plus agitées...



