En république du Tatarstan [Partie 2]

Publié le 23 Avril 2016

Malgré les grosses gouttes, nous persévérons. Enfin, pas longtemps. Un restaurant traditionnel se trouve, ô miracle sur notre chemin et nous n'avons aucune intention de résister à la tentation d'y rentrer. Nous goûtons aux pirojkis locaux et engouffrons une nouvelle rasade de tchak-tchak (attention, chaque abus nous rapproche dangereusement de l'addiction).

Repues et appauvries, nous mettons en action notre plan d'attaque : rejoindre l'incroyable temple de toutes les religions, un peu (beaucoup) en dehors de la ville. Dans le bus n°2, nous apercevons une sublime vue du Kremlin, des petites églises parsemées ici et là. Puis, au milieu de nulle part, le bus s'arrête et nous lâche dehors (au bord de la route, je tiens à le préciser).

Loin de tout, l'incroyable église apparaît soudain comme un miracle. Celle qui abrite des représentations de toutes les confessions est dotée de multiples dômes aux couleurs vives. Nous somme subjuguées, étonnées et conquises par cette étrange découverte. Étrange et pas qu'un peu. Ce bâtiment hors du commun fut érigé par un seul homme. Ce Russe aux grandes ambitions a ainsi sorti de terre l'édifice religieux le plus surprenant et le plus époustouflant qu'il m'ait été donné de voir.

Le temple de toutes les religions.
Le temple de toutes les religions.
Le temple de toutes les religions.
Le temple de toutes les religions.

Le temple de toutes les religions.

À l'arrière, nous sommes accueillies par deux lions en position allongée qui semblent indiquer l'entrée. Entrée qui n'existe toutefois pas. À travers un carreau encrassé par le temps, nous n'apercevons qu'une pièce vide et sale. Tout autour, les toitures et murailles sont toujours en travaux grâce à l'implication d'on ne sait qui. Si ce temple émerveille, il appelle également à la créativité et aux rêves : libre à vous d'imaginer à quoi pourrait ressembler l'intérieur de cette église aux mille couleurs.

Et en parlant de rêves, le parking non goudronné de l'autre côté de la rue et au bord de la Volga, ne tient lui plus du domaine du rêve mais (malheureusement) de la triste réalité. Des dizaines de préservatifs (usagés) jonchent le sol en terre battue, ramollie par la pluie récente. Je n'ai cette fois aucune envie d'imaginer les raisons d'un tel spectacle.

En république du Tatarstan [Partie 2]
En république du Tatarstan [Partie 2]

Sur le trajet du retour vers le centre-vile, nous constatons un fait étrange. En l'espace de moins de 24 heures, il nous aura été donné de voir pas moins de trois êtres vivants amputés d'un membre. Un chien et sa patte avant gauche devant la mosquée, une homme et son pouce dans le bus, une vieille femme et sa jambe gauche sur un fauteuil roulant au beau milieu de la rue. Mais quelle est donc cette malédiction qui s'abat sur le Tatarstan ?

La rue Baumama.

La rue Baumama.

L'après-midi se fait plus calme (et inévitablement plus lent) dans le quartier autour du Kremlin. Nous admirons le sublime Palais de l'Agriculture et errons dans les rues d'où l'on voit doucement le soleil se coucher derrière une épaisse couche de nuages.

En république du Tatarstan [Partie 2]
En république du Tatarstan [Partie 2]
En république du Tatarstan [Partie 2]
En république du Tatarstan [Partie 2]
En république du Tatarstan [Partie 2]

Nous trouvons ensuite refuge dans le musée de la vie soviétique, unique étape culturelle à proprement parler de notre séjour. Attention, nostalgiques s'abstenir.

Pour 250 roubles, (re)découvrez une ambiance typique et absolument géniale made in USSR avec objets en tous genres, vêtements, musiques... Dans ce musée, je me régale. Cet environnement est celui qui me fascine depuis toujours. Me prend alors l'idée folle de vider tous mes comptes (maman, papa, pardonnez-moi) afin de racheter l'intégralité des pièces ici présentes et de remplir ma future maison. Rassurez-vous, il n'en fut rien.

En république du Tatarstan [Partie 2]
En république du Tatarstan [Partie 2]
En république du Tatarstan [Partie 2]
En république du Tatarstan [Partie 2]

Dernière étape (et pas des moindres) de notre journée, acheter quelques victuailles pour notre hôte couchsurfing et trouver l'appartement en question.

Après une petite heure de marche, les épaules en compote trop cuite et les jambes en coton premier prix, nous finissons par repérer l'immeuble où nous attendent une bonne douche chaude, un dîner tatare et un bon lit douillet. Un bonjour chaleureux, quelques conversations en russe et nous sommes déjà bonnes à coucher.

Bonne nuit les petites.

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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