Au bonheur de Манон

Publié le 18 Janvier 2016

Coïncidence ? Je ne crois pas. Alors que je rédige mon 200e article (un miracle pour celle qui n'arrivait pas à en pondre 5 à la suite à une époque), je publie par la même occasion une photo de bibi sur la Place Rouge (soyez patients, le cliché en question est un peu plus bas).

Le grand jour est donc arrivé. En ce 18 janvier et lendemain de mon arrivée en territoire hostile, j'effectue ma première escapade moscovite, affublée de mes deux compères : Mila la Russe, et Alla l'Ukrainienne. Nous voilà donc parties, de bon midi, pour le centre de la belle, bruyante et gigantesque capitale.

Quinze minutes à pied dans un froid plutôt glacial (ça tourne autour de -10°C) et dans quelques centimètres de neige restante plus tard, nous attrapons le fameux bus que j'évoquais plus bas. Une vingtaine de places assises, une hauteur qui n'atteint pas les deux mètres, un sol trempé par la neige fondue, cette roulotte des temps modernes me rappelle toutefois l'ère soviétique (que je n'ai bien évidemment pas connue). Après quelques bouchons, et de nombreux courants d'air, nous descendons pour prendre un nouveau moyen de transport : le fameux métro. Je me dote ainsi d'une carte de 60 trajets pour la modique somme de 20 euros (la RATP, quelle arnaque) et prends place sur le quai. Quai qui est grand, propre, décoré de gros lustres et où la température est bien plus élevée qu'à l'extérieur. Le métro est lui-même est vieux, mais offre la possibilité de tenir en équilibre sans s'accrocher à une rambarde pleine de microbes, sans trop de difficultés. En nous entendant parler anglais (bah oui, je n'ai pas encore la foi de parler uniquement russe), de nombreux Russes pure souche nous jettent des regards inquisiteurs.

L'entrée de la Place Rouge et la boule à 1 milliard de roubles (même au Loto, il n'y a pas ça).
L'entrée de la Place Rouge et la boule à 1 milliard de roubles (même au Loto, il n'y a pas ça).

L'entrée de la Place Rouge et la boule à 1 milliard de roubles (même au Loto, il n'y a pas ça).

Dehors, tout le monde est en manteau de fourrure, en doudoune, avec une chapka, ou des bonnets en tous genres. Je me sens donc parfaitement à mon aise (bien que mon couvre-chef sorte tout droit d'une friperie parisienne...). Je suis admirative devant les courageuses à hauts talons malgré le sol glissant et le froid persistant de l'hiver russe.

Puis soudain, je reste bouche bée. Elle est là, tout près, à seulement quelques dizaines de mètres. Celle que j'ai toujours admirée sur des cartes postales mais toujours refusée de voir sur les photos de vacances, celle qui me fait rêver depuis des années, s'étend maintenant devant moi. La très fameuse Krasnaya Plochad' (Place Rouge) est sous mes yeux, et je foule ses pavés (qui ne sont en fait qu'une immense patinoire).

Au bonheur de Манон
Au bonheur de Манон
Au bonheur de Манон
Au bonheur de Манон
Au bonheur de Манон

Alors bien sûr, je ne résiste pas à l'officiel selfie devant la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux comme de nombreux touristes et Russes tout autour (et oui, j'en suis fière).

Après avoir manqué de tomber une bonne dizaine de fois sur les pavés glacés, nous entrons dans le ГУМ (Goum), cet immense et sublime centre commercial qui réunit tous types de magasins, mon préféré étant, et de loin, le Gastronome Nomèr 1, un véritable paradis pour les papilles et les pupilles. Nous y dégustons une pliouchka, un petit pain traditionnel en forme de coeur, et salivons sur les autres pâtisseries proposées dans une vitrine sans aucune trace de doigts.

Puis commence un véritable périple pédestre de plusieurs heures pendant lequel nous effectuons toutefois deux escales notables. La première a lieu au Detsky Mir, un immense magasin (c'est simple, tout est immense ici) dédié aux enfants, dont la terrasse est aménagée en panorama sur la ville. Un petit bonheur pour mes yeux avides d'en voir toujours plus.

Au bonheur de Манон
Au bonheur de Манон

La deuxième escale est, elle, des plus insolites. Mila, notre guide et fine connaisseuse de Moscou, nous emmène dans une galerie commerçante que je n'aurais jamais repérée si elle n'avait pas été là et nous invite à prendre l'ascenseur. Et soudain, tadam. Une fois le deuxième étage passé, les parois en verre nous offrent une vue sur la ville, que l'on observe de plus en plus haut. Arrivées au 21e étage, à l'entrée d'un restaurant où nous avons à peine les moyens de nous prendre un café, nous appuyons sur le bouton pour redescendre. Sans pression, et sans scrupule aucun, nous venons de faire une visite gratuite et un brin magique.

Au bonheur de Манон

C'est finalement les pieds meurtris et la tête plein d'images (couvertes de neige) que nous regagnons la maison. L'air est frais, notre allée est vide. Moscou me comble déjà.

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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