Lyon me fait tourner la tête
Publié le 21 Février 2015
Tandis que beaucoup célèbrent la nouvelle année chinoise et le début du Carême, je quitte ma douce capitale pour trouver refuge dans la gueule de Lyon. J’y retrouve d’ailleurs Manon, jumelle et camarade de Strasbourg pour un weekend frais, mais chaleureux.
Les yeux encore bouffis de sommeil, je débarque dans la gare glacée de Lyon. Tremblant comme une feuille, je tente de discerner les silhouettes en plissant les yeux. Au loin, une jeune femme perdue dans une foule, aussi grisâtre que le temps, me sourit de toutes ses dents. Les Manon’s sont réunies.
C’est avec grand plaisir que nous découvrons notre chambre chez l’habitante, à deux pas de l’Opéra, dans le 1er arrondissement. Le lit est immense, et nous ne tardons pas à nous glisser sous la couette. Un programme chargé nous attend.
Réveillées comme des fleurs. Le ventre rempli, le sac sur le dos, nous voilà donc parties. Mon souvenir des quelques jours passés à Lyon il y a déjà deux ans me permet de nous repérer facilement. Les quais de la presque-île, les ponts du Rhône, les ruelles pavées, la place Bellecour et sa grande roue, les nombreux magasins de BD, rien de nous échappe. D’un pas lent, nous errons dans les belles rues et avançons au gré de nos envies, sous l’oeil protecteur de Fourvière.
Une Manon est toujours d’humeur gourmande et mon acolyte ne déroge pas à la règle. Nous trouvons donc refuge à « L’Épicerie », lieu devenu une institution après les expériences strasbourgeoises. Jus de pomme, tarte et blagues des serveurs, on se sent comme à la maison. Mes jambes meurtries par une récente séance de sport se détendent enfin.
L’appel de la rue nous met dehors et la promenade continue. Inconsciemment, nous rentrons vers l’Opéra et l’Hôtel de Ville afin de nous poser. Encore.
Mais la soirée ne saurait s’achever de la sorte. Rouge à lèvre, mis. Porte-monnaie, pris. Motivées, oui. À seulement cinq minutes, nous poussons les porte à battant de l’Abreuvoir. Pas un client. Le serveur, qui lui aussi semble tout juste d'arriver, a encore son manteau sur le dos. Seule la musique forte donne vie au lieu. Pleines d’assurance, nous commandons chacune un verre de couchen, cette douce boisson bretonne à base de miel, et prenons place. Le choix est rude.
Une heure plus tard, le bar est bondé. Le temps passe, les discussions s’enchaînent, entrecoupées de quelques fous rires. Et voilà qu'il est de rentrer. Se coucher. Et rêver.










