"C'est trop de la Bâle !"
Publié le 12 Avril 2014
Coup de coeur. Je pense que c'est ce qui résume mieux la visite guidée de ce semestre (la dernière fois étant celle de Freiburg). Mais avant d'aller plus loin, situez-vous un peu. Une ville à la frontière entre la France et l'Allemagne et où l'on parle majoritairement allemand. Troisième ville de Suisse, peu visitée car considérée comme "ville de transit". Et pourtant...
Le Master Pluri est dans le train direction Bâle, en Suisse ! Bon. Je dois avouer que j'étais quelque peu sceptique au départ et je ne m'attendais pas à cette claque. À 10h20, nous débarquons sous un soleil de plomb. À peine sortie de la belle gare, je suis ébahie devant leurs tramways (un mix entre ceux de San Francisco et les trolleybus de Vilnius). Christophe, notre guide, nous apprend qu'il est désormais interdit de construire des autoroutes ; seuls les rails sont autorisés. J'aurai d'ailleurs croisé en tout et pour tout une dizaine de voitures au cour de la journée. Mais pas n'importe lesquelles : Porsche, Ferrari, luxueux 4x4... Oh, et sur ma gauche une publicité pour des chocolats ou des Rolex. Bienvenus en Suisse et bonjour aux clichés !
Vue sur Bâle et sa Riviera
Tout juste arrivée, je suis sous le charme. Et les commentaires, anecdotes et autres histoires de notre cher Christophe ne font qu'ajouter à la beauté et la richesse culturelle bâloise. Plus de 40 musées sont répartis dans la ville, sans compter les nombreux théâtres et salles de concerts. Quelques pas plus loin sur notre gauche se dresse l'église Saint Léonard. Vous serez surpris d'apprendre que ce bâtiment religieux à l'apparence tout à fait banal a pour habitude d'héberger d'autres types de services que la messe : soirée mousse, soirée disco, retransmission de matchs de football... Il y en a pour tous les goûts !
À Bâle, on ne peut que succomber à toutes ces jolies places qui se succèdent et ces belles fontaines. Le plus fou dans tout ça ? L'eau est minérale et potable (testé et approuvé par mes papilles délicates).
La cathédrale de Bâle, Suisse
Mais sans Christophe, nous ne serions rien. Bâlois de naissance, il connaît les moindres ruelles, les lieux atypiques et les caves les plus folles. Tout à coup, il entre dans un restaurant, échange quelques mots avec le serveur et nous invite à le suivre. Nous descendons une vingtaine de marches et arrivons face à une vieille muraille antique. Mais ça ne s'arrête là. Nous continuons à marcher dans ce qui ressemble à un passage secret réaménagé jusqu'à déboucher sur une immense salle dédiée à la dégustation de vin. Sur leur 31 et un verre à la main, les gens semblent être habitués à ce cadre pourtant hors du commun. Ce spectacle est tout juste incroyable.
En parlant d'incroyable, je me dois d'évoquer les facultés bâloises. On est loin du Patio, de l'Escarpe ou encore du vieux (et moche) Platane de l'Université de Strasbourg. Bonjour les bâtiments du 16ème siècle, les magnifiques cours intérieures, les bibliothèques à vous donner envie de travailler des heures durant et les théâtres en sous-sol ! Pour être étudiant à Bâle en faculté de philosophie il faut certes parler le grec ancien ou le latin couramment, mais on y étudie dans de parfaites conditions !
À chaque nouvelle découverte, notre groupe émet des "oh !", des "ah !" ou encore des "mais ce n'est pas possible...". À chaque coin de rue, je suis conquise, surprise, bouche bée face à la beauté du lieu, à l'originalité du bâtiment, au calme ambiant ou encore à la vie qui s'active autour. Bâle m'émerveille.
En plus du temps estival, la chance est décidément de notre côté : en ce samedi 12 avril, c'est l'inauguration du Fort médiéval dans lequel nous nous empressons de monter. À la descente, le guide nous invite à visiter la cave d'un ami datant du 13ème siècle qu'il a rénovée lui-même. Nous descendons doucement les escaliers et découvrons une merveille : une salle éclairée à la bougie (rien que nous), une table et des chaises d'époque, un miroir sublime, le tout dans une pièce (aussi grande que mon appartement) datant de plusieurs siècles dans un excellent état. C'est à peine croyable.
Le fort médiéval et sa vue, Bâle
Je ne saurais évoquer toutes les choses vues et visitées pendant cette (longue) journée. Mais une fois dans le train de 18h20 pour Strasbourg et tandis que mes pieds et mes jambes souffrent, les images et souvenirs se bousculent dans ma tête et une profonde envie émerge : revenir ici le plus vite possible.
Fais attention Strasbourg, tu as de la concurrence !


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