Nijni Novgorod, aimer ou ne pas aimer ?
Publié le 24 Septembre 2016
Les yeux pas encore bien réveillés, je prends place dans un train rapide. Je veux quitter Moscou. Pour le temps d'une escapade, que les choses soient claires. 500km c'est déjà pas mal. L'Anneau d'Or ? Voronezh ? Saint-Pétersbourg ? Vu. Déjà fait. Trop cher. Elle tourne elle tourne la girouette et s'arrête sur Nijni Novgorod. Le prix très abordable des billets confirme mon départ.
J'ai abandonné le train de nuit pour une confortable et rapide lastotchka. Sauf qu'à l'intérieur, ça braille de tous les côtés et je peine à somnoler plus de 10 minutes sans être réveillée par le cri d'un gamin surexcité à qui je jette un regard noir (pas très efficace, mais c'est l'intention qui compte n'est-ce pas ?). À Vladimir, tout les mioches descendent et je peux enfin allonger mes gambettes qui souffraient d'un cruel manque de place. Dans ce calme presque inespéré, je fais quelques roupillons salvateurs.
À 13h51, et les yeux pas beaucoup plus ouverts que 5 heures plus tôt, je sors sur le quai. Si j'avais su ce qui m'attendait à la sortie de la gare, je ne me serais pas hâté de la sorte. Sur l'immense boulevard où des centaines de voitures et bus s'amassent, l'air définitivement pollué est difficilement respirable. Même à Moscou ça n'est pas comme ça ! C'est dire. En arrière-plan, ce n'est pas beaucoup plus glorieux. Centres commerciaux, hauts bâtiments et ponts autoroutiers forment un joyeux ensemble urbain absolument immonde et dénué de toute d'harmonie. Hum. Il est quand le prochain train pour la capitale ? Bon allez. Donnons-lui une chance.
Je décide de m'aventurer à pied jusqu'au pont qui m'emmènera jusqu'à la rive droite, que j'espère plus belle. Lorsque je prends conscience de la longueur des ponts, je me décide à prendre un bus où deux jeunes hommes me dévisagent. Les crispations sur mon visage, c'est ma tête qui fait mal, d'accord ? On dirait que la pollution fait déjà des siennes.
Bon. Ce que je découvre de l'autre côté ne m'enchante pas plus au premier abord. Je m'installe dans un petit parc qui fait office de rond-point le temps d'un déjeuner, et admire les alentours. Herbe non tondue, poubelles qui débordent, allées en terre battue qui dégagent une vague de poussière à chaque pied qui traîne. On dirait un terrain à l'abandon, mais nous sommes en plein centre de la 5ème plus grande ville de Russie. Hum bis.
Heureusement, la rue Bolshaya Pokrovka sera celle de toutes mes joies novgorodiennes. Sur cette allée piétonne principale, les animations musicales et à dos de poneys sont en nombre et je me plais à faire des haltes ici et là en sirotant mon café. Je découvre avec grande satisfaction que mon auberge de jeunesse est justement dans cette rue animée et particulièrement charmante. Accueil chaleureux, décoration au top, lit moelleux et à rideaux, j'ai choisi le grand luxe pour 490₽ la nuit.
Malgré l'appel de la couette et l'oreiller, je résiste à la tentation de m'y blottir et fuis vers le Kremlin. Et quel Kremlin ! Je crois bien n'en avoir jamais vu un, si peu kremlinesque justement. Si sa superficie est impressionnante, les bâtiments qui y sont rassemblés n'ont absolument aucun intérêt. Seule une partie de cette forteresse vaut le détour : celle d'où la vue de la Volga vous fera oublier toute la pollution et les klaxons de la ville.
Sur le chemin, un homme d'un certain âge m'aborde pour me dire combien il me trouve belle. Hum bis bis. Lorsqu'il apprend que je suis française, il me congratule d'un "Nitchevo sibie !" parfaitement russe (équivalent de notre "C'est pas possible !"). Je troque rapidement ce gentil monsieur pour mon fidèle appareil photo. Me voici partie pour trois heures d'escalade dans les hauteurs de Novgorod et sur les quais de la Volga.
Un discours du ministre des sports de la région et un western ridicule en russe plus tard, je reprends mon ascension avec cette fois un but bien précis : admirer le coucher de soleil dont j'aperçois déjà les tons orange dans le ciel. En me perdant, je tombe sur une esplanade que je soupçonne d'avoir été construite à ce seul effet. Bien joué les gars, vous marquez un point.
Pas mécontente de mon après midi, je choisis l'option "une soupe et au lit". Merci qui ? Merci Nijni !










